Poste (nom féminin, nom masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

I.
XIII e siècle, dans l'expression de chevaus . Emprunté de l'italien posta , « place réservée à chaque cheval dans l'écurie », puis « relais de chevaux », forme féminine substantivée du participe passé de porre , « placer, poser », lui-même issu du latin ponere, de même sens.
1. Anciennt. Système de transport qui utilisait des chevaux placés de distance en distance pour le service des voyageurs et l'acheminement du courrier. La fut d'abord organisée par une ordonnance de Louis XI . Un relais de . Cheval de . Voiture de ou, ellipt., poste. Prendre la . Aller, voyager en . Loc. Chaise de , voiture légère de voyage. Malle-poste , voir ce mot. Expr. fig. et fam. Courir la , se dépêcher, aller trop vite. Lisez posément, sans courir la . Vieilli. Aller un train de , très vite. Par méton. Chacun des relais prévus pour assurer ce transport. S'arrêter à la première . D'Artagnan se procura des chevaux frais à la et repartit aussitôt. Loc. Maître de , celui qui tenait un relais. Désignait aussi la distance entre deux relais, ordinairement fixée à deux lieues environ. Il y a une , une et demie, il y a double de telle ville à telle autre. Il a couru quatre s sur le même cheval. Le montant de la course était généralement calculé par cheval et par . Loc. fig. et class. À la de quelqu'un, à sa disposition, ou à son gré, à sa fantaisie. Avoir des gens à sa . La fortune conduit les hommes à sa .
2. Service assurant le transport et la distribution du courrier et, en particulier, administration publique chargée principalement de cet acheminement (souvent au pluriel en ce sens). La aux lettres (vieilli). L'administration des s. Les Postes, Télégraphes et Téléphones (par abréviation P.T.T.), créées en 1921, se sont appelées Postes et Télécommunications de 1961 à 1991 (appellation remplacée depuis par La Poste ). La aux armées , le service postal de l'armée. Poste aérienne, maritime . Un bureau de . Un employé, un receveur des s. Le cachet de la faisant foi , attestant la date de l'envoi. Mettre, jeter une lettre à la , la déposer dans une boîte aux lettres . Expédier un colis, envoyer un mandat par la . Expr. fig. et fam. Passer comme une lettre à la , ne soulever aucune difficulté. En apposition. Timbre-poste. Une collection de timbres-poste. Wagon-poste , qui servait naguère à l'acheminement du courrier et dans lequel on effectuait, au cours du trajet, des opérations de tri. Train-poste , qui était composé majoritairement ou exclusivement de wagons-poste. Par méton. Bâtiment, bureau où se font les diverses opérations postales. Dans cette ville, la est près de la gare. La centrale ou, fam., la grande . Loc. Poste restante , guichet d'un bureau de où sont gardées les lettres que leur destinataire vient personnellement retirer. Écrire à quelqu'un en restante ou, simplement, restante .


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Il s'est dit d'un Établissement de chevaux qui était autrefois placé de distance en distance, pour le service des voyageurs. "Chevaux de . Chaise de . On a établi des s sur telles et telles routes. Maître de . La aux chevaux. Depuis l'établissement des chemins de fer, les s ont été supprimées."
Il se disait aussi de la Manière de voyager avec des chevaux de . "Prendre la . Aller en . Voyager en . Atteler en . Chaise de ."
Fig. et fam., "Courir la ," Se dépêcher, aller très vite. "Ne lisez pas si vite, vous courez la ".
POSTE se disait aussi de la Maison où étaient les chevaux de . "S'arrêter à la première ."
Il désignait encore une Mesure de chemin fixée communément à deux lieues. "Il y a six postes, et demie, double , tant de s de telle ville à telle autre. Courir trois postes, quatre s sur le même cheval".
POSTE se dit aujourd'hui de l'Administration publique qui assure le transport des correspondances. "Bureau de . Mettre une lettre à la . Le service de la . L'Administration des Postes."
Il se dit aussi du Courrier qui porte les lettres. "La va partir. Portez cette lettre avant que la soit partie. La vient d'arriver, ne fait que d'arriver."
Il se dit encore de la Maison, du bureau où se font les diverses opérations postales. "La est dans telle rue. Porter ses lettres à la poste. La ouvre à telle heure, ferme à telle heure."
"Poste restante," Guichet où l'on garde certaines lettres jusqu'à ce que le destinataire vienne les réclamer personnellement.
Fam., "Grande ," Bureau central de la . "Il faut porter cette lettre à la grande pour qu'elle parle plus vite."
"Malle-poste." Voyez MALLE.
"Timbre-poste." Voyez TIMBRE.
"Train-poste." Voyez TRAIN.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 


T. d'Architecture
Voyez POSTES.



3ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 


Guerre
Lieu où un soldat, un officier, une troupe sont placés par leur chef pour une opération militaire. "Poste avancé. Poste dangereux, périlleux. Quitter un poste. Garder son . Défendre son . Emporter un . On força les ennemis dans leur ."
"Poste de surveillance, d'écoute, petit ," Endroit situé devant les lignes, où sont placés des soldats pour surveiller l'ennemi.
"Poste d'honneur," Celui qui est regardé comme le plus périlleux. On appelle aussi "Poste d'honneur" une Troupe chargée de garder un personnage éminent, un corps constitué, et de lui rendre des honneurs.
En termes de Marine, "Poste d'appareillage, de manoeuvre, de combat, d'incendie, etc.," Place assignée à chaque homme pour l'appareillage, la manoeuvre, le combat, l'incendie, etc.
POSTE se dit quelquefois particulièrement d'un Corps de garde. "Le de la mairie. Le de police. La garde sortit du ."
"Mener, conduire quelqu'un au " se dit de Quelqu'un qu'on vient d'arrêter et qu'on mène au de police.
POSTE se dit aussi des Soldats placés ou destinés à être placés dans un . "Enlever un . Relever un . Replier un . Placer des petits s. Un de gardiens" "de la paix, de pompiers, de douaniers. Doubler les s. Chef de ."
POSTE se dit, par extension, d'une Position, d'une fonction, d'un emploi. "Être dans un élevé, dans un enviable, dans un modeste. Il mériterait un meilleur . Être à fixe dans un lieu," Y être à demeure, y être sédentaire.
"Être à son ," Être où le devoir exige que l'on soit. On dit dans le même sens "Aller, se rendre, retourner à son ; mourir à son ."
POSTE se dit aussi de l'Endroit où est placé un appareil de téléphone, de télégraphie sans fil, etc. "Il y a plusieurs s téléphoniques dans cette maison. Poste principal. Poste secondaire."
Il se dit, par extension, de l'Appareil lui- même. "Un de télégraphie sans fil. Un d'incendie."



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Établissement de chevaux, placé de distance en distance pour le service des voyageurs. Chevaux de . Chaise de .
ROLLIN: « Afin que les ordres du prince pussent être portés avec plus de diligence, Cyrus établit d'espace en espace des s où des courriers qui marchaient jour et nuit trouvaient des chevaux tout prêts et, par ce moyen, faisaient une diligence incroyable »
GOUIN: « L'établissement des s en France date du mois de juin 1474, sous le règne de Louis XI ; le gouvernement profita des relais et messagers qu'avait établis l'université de Paris dans toutes les provinces du royaume, au moyen desquels elle entretenait des correspondances avec les familles qui y envoyaient leurs enfants »
    Maître de , celui qui, moyennant certains avantages, fournit des relais aux voitures de l'administration des s.
GOUIN: « Jusqu'au moment de la Révolution, les maîtres de ont joui des priviléges qui leur avaient été accordés par nos rois ; ils consistaient dans l'exemption de la taille sur cent arpents de terre qu'ils faisaient valoir comme propriétaires ou comme locataires ; exemption de logements de guerre, de milice pour l'aîné de leurs enfants et le premier de leurs postillons »

 2   La manière de voyager avec des chevaux de . La fatigue beaucoup.
SÉV.: « Il est venu de son armée en répondre lui-même »
SÉV.: « M. de la Feuillade a pris la , et s'en est venu droit à Versailles »
    Fig. En , avec une extrême rapidité.
RÉGNIER: « Ils vont bizarrement en à l'hôpital »
    On dit dans le même sens : prendre la .
CORN.: « Voilà donc le bon homme enfin à sa seconde [femme], C'est-à-dire qu'il prend la à l'autre monde ; Un peu moins de deux mois le met dans le cercueil »
    Courir la , courir sur des chevaux de , ou en chaise avec des chevaux de .
MALH.: « Laquelle est de toutes ces choses qui se pourra faire en courant la »
    Fig. Courir la , aller un train de , marcher précipitamment, et, en général, faire trop vite.
MOL.: « L'un va en tortue et l'autre court la »
    On dit aussi : faire tout en courant la , faire tout à la hâte.
    Ce n'est pas une chose qui se fasse en courant la , c'est une chose qui demande du temps et du soin.

 3   La maison où sont les chevaux de . Il n'a pu se procurer des chevaux à la .

 4   Mesure de chemin ordinairement de deux lieues. Il y a six s de telle ville à telle autre.
LA FONT.: « Ne me retarde point de grâce ; Je dois faire aujourd'hui vingt s sans manquer »
CAMPISTRON: « Vous venez de courir quarante s sans vous arrêter »
SCRIBE: « Poste trois quarts, huit francs soixante-quinze centimes ; tiens, voilà dix francs »
    Fig. et dans le langage libre de la Fontaine. Plaisirs amoureux.
LA FONT.: « Gaillardement six s se sont faites »
    Poste royale, qui se payait double à l'entrée et à la sortie de certaines villes et des lieux où est la cour.

 5   Administration publique pour le transport des lettres.
SÉV.: « Vous jugez bien que je ne suis point en colère contre la »
BOSSUET: « Votre lettre est venue par la »
MONTESQ.: « Les conspirations dans l'État sont devenues difficiles, parce que, depuis l'invention des s, tous les secrets des particuliers sont dans le pouvoir du public »
VOLT.: « La est le lien de toutes les affaires, de toutes les négociations ; les absents deviennent par elle présents ; elle est la consolation de la vie »
VOLT.: « Jamais le ministère qui a eu le département des s n'a ouvert les lettres d'aucun particulier, excepté quand il a eu besoin de savoir ce qu'elles contenaient »
VOLT.: « Je suis sûr que, si j'étais plus jeune, je verrais le temps où l'on pourrait écrire de Paris à Pékin par la , et recevoir réponse au bout de sept ou huit mois »
SCRIBE: « Voyons un peu sui le livre de où nous pourrons nous arrêter pour déjeuner »
    Malle-poste, voy. MALLE.
    Grande , celle qui porte les lettres dans les provinces et dans les pays étrangers.
    Petite , pour la distribution des lettres dans la ville et la banlieue ; elle fut établie en 1759, sous le ministère de M. de Silhouette. On paye au bureau de la petite pour faire faire des visites de bonne année, à deux sous la pièce ; le député est habillé de noir, l'épée au côté, LEMIERRE, Fastes (XVIIIe siècle, cela ne se fait plus).
    Poste restante, suscription qui indique qu'une lettre doit rester au bureau jusqu'à ce qu'on la réclame.

 6   Le courrier qui porte les lettres. La vient d'arriver.
SÉV.: « Je ne comprends rien aux s, elles sont déréglées, et ces gens si obligeants qui partent à minuit pour porter mes lettres, n'ont point assez de soin de me rapporter vos réponses »
VOLT.: « Je n'ai point de nouvelles de la Russie, vous pensez bien, Monseigneur, qu'on ne m'écrit pas toutes les s »

 7   La maison, le bureau où l'on porte les lettres. Porter une lettre à la .
SÉV.: « Vendredi j'arrive à Laval, j'arrête à la ; je vois arriver justement cet honnête homme, cet homme si obligeant [l'employé].... qui m'apportait votre lettre »

 8   Train-poste, voy. TRAIN.
    Le bâtiment-poste, bâtiment destiné à faire le service de la correspondance et du transport des voyageurs entre deux ou plusieurs ports de mer.
    La aux choux, se dit, par plaisanterie, du petit canot qui va chercher les provisions, pendant le séjour en rade.

 9   À sa , à sa disposition, à sa convenance (locution vieillie).
MOL.: « J'avais songé en moi-même que ç'aurait été une bonne affaire de pouvoir introduire ici un médecin à notre , pour le dégoûter de son monsieur Purgon »
SENECÉ: « Dieu fasse paix au gentil Arioste, Et daigne aussi mettre en lieu de repos Jean la Fontaine auteur fait à la Du Ferrarois, adoptant ses bons mots »
    À , c'est-à-dire à certains termes différents dont on est convenu (locution vieillie). Payer à . Acheter à .

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
MARC POL: « Et quant l'en se part de Cambalue, par laquele voie que l'en veult, et l'en a alé XXV milles, si treuvent les messages du seigneur une poeste [var. ] que il appellent iamb, et que nous disons poeste de chevaux »
MARC POL: « Et à chascune journée a une là ou les mesajes qe vont por la contrée herbergient »
    XIVème siècle
DU CANGE: « Nous avons ordené et ordenons que nul ne fasse fausse [passe-volant, soldat qui n'existe pas], sur peine de perdre chevaux et hernois »
    XVème siècle
FENIN: « Item, tout ce temps durant, y avoit au royaume de France doubles officiers ; car chacune partie contendoit de les faire à sa »
JALIGNY: « Le roy, estant à Ansenis, sceut incontinent par le moyen des s les nouvelles de cette prise »
ANDRÉ DE LA VIGNE: « Là un courier envoyé exprès et venu en lui apporta les bonnes et agreables nouvelles de la reduction de plusieurs places à son obeissance »
    XVIème siècle
     Lett. de Louis XII, t. II, p. 168, dans LACURNE: La derniere par moi expediée
ANDRÉ DE LA VIGNE: « Il [l'empereur, en 1510] dit qu'il n'a oncques accoutumé de tenir s, mais qu'il depeche tousjours ces couriers qui font autant de diligence comme les s »
J. MAROT: « Ung jour après nous arriva un [courrier], Très bien parlant, et devisant à .... »
MONT.: « J'escris tousjours en [à la hâte] »
CALV.: « Qu'il [Dieu] chevauche sur les ailes des vens, que tant les vens que les esclairs sont ses s »
CARL.: « Il n'y a que vingt et quatre s de Paris à Metz »
AMYOT: « Il attiltra un certain orateur faict à sa nommé Hippon, qui.... »
PARÉ: « La petite verolle et rougeolle sont comme les s, herauts et messagers de la peste »
VILLEROY: « Une volante [courrier dépêché en toute diligence] »
PASQUIER: « À chaque bout de champ les uns et les autres faisoient des chevaliers à leur [à leur gré] »

ÉTYMOLOGIE
    Wall. posse ; bas-lat. posta, station ; ital. posta ; du participe latin positus, placé, de ponere, placer (voy. PONDRE).


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Petite balle de plomb, dont on emploie plusieurs à la fois pour charger un fusil, un pistolet.

ÉTYMOLOGIE
    Ainsi dites peut-être parce qu'elles vont comme la


3ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Terme d'architecture. Voy. POSTES.


4ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Lieu assigné à quelqu'un pour un office quelconque. Aller à son . Mourir à son .
CORN.: « Je défendais mon , il l'a soudain forcé »
RAC.: « Et que chacun enfin, d'un même esprit poussé, Garde en mourant le où je l'aurai placé »
SÉGUR: « Le maréchal, repoussé [par l'empereur qui refusa son plan], se tut ; puis il retourna à son , en murmurant contre une prudence intempestive, à laquelle il n'était pas accoutumé, et qu'il ne savait à quoi attribuer »
    Poste d'honneur, celui qui est regardé comme le plus périlleux.
VOLT.: « La place où je t'envoie est ton d'honneur »
    Être à fixe dans un lieu, y être à demeure, y être sédentaire.
    Être à son , être où le devoir exige qu'on soit.
SÉV.: « Tout est si brouillé du côté de l'Angleterre, que chacun demeure à son »
    Fig.
L. RAC.: « Demeurons dans le où le ciel nous a mis »

 2   Terme de guerre. Tout lieu, fortifié ou non, où un corps de troupes peut tenir et être logé.
BOSSUET: « Je me souviens qu'il nous ravissait, en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce fameux capitaine [César], par l'avantage des s, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés à poser les armes sans combat.... »
VOLT.: « Tous les s, vers Marchiennes, le long de la Scarpe, sont emportés l'un après l'autre avec rapidité [dans la bataille de Denain] »
RAYNAL: « Les Hollandais enlevèrent aux Portugais les meilleurs s qu'ils avaient dans le continent, et les chassèrent de toutes les îles où croissent les épiceries »
    Guerre, affaire de s, guerre, affaire où l'on se dispute des s. C'est pour avoir lu les détails des batailles de Crécy, de Poitiers, d'Azincourt, de Saint-Quentin, de Gravelines, etc.
VOLT.: « que le célèbre maréchal de Saxe se déterminait à chercher, autant qu'il pouvait, ce qu'il appelait des affaires de s »
    Fig.
VOLT.: « Je ne savais pas qu'une première représentation fût un jour de bataille, ni qu'il fallût prendre ses s et avoir un mot de ralliement »
    Poste avancé, se dit des s placés le plus près de l'ennemi.

 3   Un corps de garde. Visiter les s. La garde sortit du . Il faisait du tapage, on le mit au .
    Poste d'honneur, celui qui est établi pour garder un personnage éminent, un corps constitué, et lui rendre des honneurs.
    Poste de pompiers, de sergents de ville, etc. lieu où se tiennent des pompiers, des sergents de ville, en cas de besoin.

 4   Les soldats placés dans un . Relever un . Doubler les s.
SÉGUR: « Nos sentinelles sont renversées sur leurs s, les s sur leurs bataillons, les bataillons sur la division ; et ce n'était point un coup de main, car les Russes avaient montré du canon »

 5   Il se dit de toutes sortes d'emplois et de fonctions.
CORN.: « Voyez d'ailleurs Galba, quel pouvoir il nous laisse, En quel sous lui nous a mis sa faiblesse »
SÉV.: « Le marquis d'Uxelles tient un grand à Mayence »
LA BRUY.: « Il y a même des stupides, et j'ose dire des imbéciles, qui se placent en de beaux s »
LA BRUY.: « Les s éminents rendent les grands hommes encore plus grands, et les petits beaucoup plus petits »
LA BRUY.: « Je crois pouvoir dire d'un éminent et délicat, qu'on y monte plus aisément qu'on ne s'y conserve »

 6   Terme de marine. Emplacement destiné à être occupé par un bâtiment dans un port.
    Place assignée à un bâtiment, dans une armée navale.
    Poste des aspirants, des chirurgiens, des maîtres, des malades, des blessés, emplacement destiné aux repas, réunions, couchage, pansements.
    Ancre de , ancre de bossoir.
    Un objet est dit être à son quand il est à sa place.
    Mettre une ancre à , la saisir fortement le long du bord en arrière des bossoirs ou ailleurs s'il y a lieu.

 7   Nombre d'heures pendant lequel le même mineur reste au travail sans être relevé.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
J. D'AUTON: « Messire de Grimaulx, voyant que l'assault estoit prest à donner, ordonna pour la defense de la breche, sept s, chascune de trentehommes »

ÉTYMOLOGIE
    Le ne diffère de la que par le genre. On trouve dans les anciens textes , qu'il faut écrire et prononcer posté, venant du latin potestatem, et que, par conséquent, il ne faut pas confondre avec .

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 4. POSTE.

 2   Ajoutez :
    En termes de fortification, on donne particulièrement le nom de militaire à un lieu fortifié d'une manière permanente, mais, en général, mal flanqué et n'ayant qu'un médiocre profil.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Établissement de chevaux, placé de distance en distance, pour le service des personnes qui veulent voyager avec célérité. "Chevaux de . Chaise de . On a établi des s sur telles et telles routes. Maître de . Maître de la de tel endroit. La aux chevaux."
Il se dit aussi de La manière de voyager avec des chevaux de . "Prendre la . Aller en . Voyager en ." On dit de même, "Courir la ," Courir sur des chevaux de , ou en chaise avec des chevaux de .
Fig. et fam., "Courir la , aller un train de ," Marcher trop précipitamment, lire ou écrire trop vite, etc. On dit aussi, "Faire tout en courant la , faire tout en ," Faire tout à la hâte. "Ce n'est pas une chose qui se fasse en courant la ," C'est une chose qui demande du temps et du soin.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de La maison où sont les chevaux qu'on va prendre pour courir la . "C'est une où il y a de bons chevaux. Vous serez retardé à la première ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, en France, Une mesure de chemin fixée communément à deux lieues. "Il y a six s, et demie, double , tant de s de telle ville à telle autre. Courir trois s, quatre s sur le même cheval."
"Poste royale," Poste qui se paye double à l'entrée et à la sortie de certaines villes principales, et des lieux où est la cour.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de L'exercice qu'on fait en courant la à cheval. "La fatigue beaucoup. La l'a mis en tel état, qu'il ne peut presque se remuer."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore d'Un établissement formé et dirigé par le gouvernement pour le transport des lettres d'un pays, d'un lieu à un autre. "La est une invention des temps modernes. La est une branche des revenus de l'État. Le service de la est maintenant journalier dans toute la France."
Il se dit aussi Du courrier qui porte les lettres. "La va partir. Portez cette lettre avant que la soit partie. La vient d'arriver, ne fait que d'arriver. C'est aujourd'hui jour de pour l'Italie."
"Grande ," Celle qui porte les lettres dans les provinces et dans les pays étrangers. "Petite ," Celle qui porte les lettres dans la ville et dans la banlieue.
"Poste restante." Mots qu'on écrit sur l'adresse d'une lettre, pour avertir qu'elle doit rester au bureau de l'endroit où on l'envoie, jusqu'à ce que la personne à qui elle est adressée la réclame.
"Malle-poste." Voyez MALLE.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de La maison, du bureau où l'on porte les lettres qui doivent être envoyées, et où sont distribuées celles qui arrivent. "La aux lettres. Directeur de la aux lettres. Les commis, les employés de la . L'administration des s. La est dans telle rue. Porter ses lettres à la ." On dit, dans le même sens, "Le bureau de la , un bureau de ."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Il se dit de Certaines petites balles de plomb dont on charge un fusil, un pistolet, etc. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel. "Son fusil était chargé de douze ou quinze s."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


T. d'Archit. "Voyez" POSTES.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


T. de Guerre. Lieu où un soldat, un officier est placé par son chef; lieu où l'on a placé des troupes, ou qui est propre à en recevoir, pour une opération militaire. "Poste avancé. Poste avantageux. Poste dangereux, périlleux. Mauvais . Quitter un . Garder son . Défendre son . Emporter un . On les a chassés du où ils étaient. On força les ennemis dans leur . Ce ne fut qu'une affaire de . Faire la guerre de s."
Il se dit quelquefois particulièrement d'Un corps de garde. "Le de la mairie. Le de telle rue, de l'état-major. Se rendre au . Entrer au . La garde sortit du . Les grands s. Les petits s. Visiter les s de la ville."
"Poste d'honneur," Celui qui est regardé comme le plus périlleux. On appelle aussi "Poste d'honneur," Celui qui est établi pour garder un personnage éminent, un corps constitué, etc., et lui rendre des honneurs.



10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des soldats placés ou destinés à être placés dans un . "Enlever un . Retirer un . Relever un . Replier un . Former les s au quartier. Tirer les s. Un de garde nationale, de la ligne, de garde municipale, etc. Doubler les s. Chef de ."



11ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de Toute sorte d'emplois et de fonctions. "Être dans un élevé, dans un considérable. Il est dans un joli . Il occupe un envié par bien des gens. Il ne se plaît guère dans le où on l'a mis. Il est dans un désagréable. Il mériterait un meilleur ."
"Être à fixe dans un lieu," Y être à demeure, y être sédentaire.
"Être à son ," Être où le devoir exige que l'on soit. "Ce commis est toujours à son ." On dit dans le même sens, "Aller, se rendre, retourner à son ; mourir à son ."



1ère définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

[2e "e" muet.] 1°. Il se dit de l'établissement des relais, pour faire diligemment des courses et des voyages. Prendre "la ": aller "en ". 'On a établi "des s" des deux en deux lieûes. "Courir" ou "courre la ".
- 2°. De la maison, où sont ces relais.
- 3°. De la distance qu'il y a d'une de ces maisons à l'aûtre. 'De cette Ville à telle autre, il y a dix, vingt, trente "postes".
- 4°. De l'exercice qu'on fait en courant la à cheval. '"La " fatigue beaucoup.
- 5°. Du Courrier qui porte les lettres.
- 6°. Du Bureau où on les envoie, et où elles sont distribuées.
   On dit, "Fig." st. famil. Faire tout "en ", ou, "en courant la ", à la hâte. Et d'une afaire qui demande du temps et des soins, que ce n'est pas une chôse qui se fasse "en courant la ". = "À~ ", adv. à certains termes diférens. "Acheter", "prendre" un bijou ". = "À~ sa ", à sa disposition. "Mettre" en certains endroits des gens "à sa ". * Quelques-uns disent mal-à-propos, "à son ". = Cette locution, ainsi que la précédente, n'est que du style familier. Elle est peu digne du style de l'Histoire. "D'Avrigni" l'a employée. 'Ils ne pouvoient désirer de "Métropolitain" plus "à leur ".
   7°. POSTE, petite balle de plomb, dont on charge un fusil, un pistolet.



2ème définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

POSTER, v. act. [2e. "e" muet au 1er, "é" fermé au 2d.] "Poste" est, 1°, en termes de guerre, lieu où un soldat, un Oficier est placé par son commandant; et aussi, un lieu où l'on a placé des troupes, ou qui est propre à y en placer. "Poste" avancé. "Poste" avantageux, ou mauvais, délicat, dangereux. Garder "son ". Quiter "un ". Forcer les énemis dans "leur ": les déloger "d' un ", etc. = Il se prend aussi pour les soldats qu'on a mis dans un . Enlever, retirer "un ". 2°. Emploi: 'Être dans "un " élevé; dans "un" beau, "un" grand "poste". * L'Éditeur des oeuvres de "Bossuet" se sert du mot "poste" dans un endroit où il est ridicule. 'Au "poste" près, que Mde de la Valière ocupoit à la Cour, elle se conduisoit avec une sagesse et une douceur qui la firent aimer de tout le monde.
- Est-ce "un " que d'être la Maîtresse d'un Roi?
   POSTER, placer dans "un ". Il ne se dit bien que dans le 1er sens de ce subst. '"Poster" des troupes. On "les posta" avantageûsement. = Dans le second sens, on ne le dit que dans le style familier":" 'On "l'a" bien "posté": il méritait d'"être" mieux "posté".
- Dans le style simple même, on doit dire "placé".




Emplacement dans le dictionnaire :

possession
possessionné
posset
possibilité
possible
possiblement
post
postal
postdater

posté
poster
postères
posterieur
postérieur
posterieurement
postérieurement
posteriori
postériori
posteriori
postériorité




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...de mon coeur en vos réseaux ? ) ô vous joli'Fée des eaux. PÈL. PAS., AUTANT..., CHANSON on a marché sur les fleurs au bord de la route, et le vent d'automne les secoue si fort, en outre. La malle-poste a renversé la vieille croix au bord de la route, elle était vraiment si pourrie, en outre. L'idiot (tu sais) est mort au bord de la route, et personne ne le pleurera, en outre. PÈL. PAS., AUTANT...,...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...couche très haute, à peine palpable, où on enfonçait ; et les dernières phalènes, qui avaient fini de courir, plongeaient les unes après les autres dans ces épaisseurs d'herbes, pour prendre leur poste de sommeil le long des tiges. Et l'obscurité venait, lente et calme, avec un air de mystère. ... passa un jeune gars breton qui portait un bissac sur l'épaule, et s'en revenait gris du pardon de...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...où la vieille diligence campagnarde allait partir, emportant les lettres au loin. Je descendis de ce mur, je sortis du vieux jardin que je refermai à clef, et me dirigeai lentement vers le bureau de poste. Un peu comme un petit halluciné, je marchais cette fois-là sans prendre garde à rien ni à personne. Mon esprit voyageait partout, dans les forêts pleines de fougères de l' île délicieuse, dans les...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...pour souper ou pour dormir. Dans le jour, ces hommes, qui étaient plus cloîtrés que des moines, causaient peu entre eux. Chacun tenant sa ligne, restait pendant des heures et des heures à son même poste invariable, les bras seuls occupés au travail incessant de la pêche. Ils n'étaient séparés les uns des autres que de deux ou trois mètres, et ils finissaient par ne plus se voir. Ce calme de la...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...des numéros brassés dans le bonnet du mousse. Chacun de nous gagne le sien et, pendant toute la campagne après, l'on n'a plus le droit de planter sa ligne ailleurs, l'on ne change plus. Eh bien, mon poste à moi se trouve sur l'arrière du bateau, qui est, comme tu dois savoir, l'endroit où l'on prend le plus de poissons ; et puis il touche aux grands haubans où l'on peut toujours attacher un bout de...


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